« Les pasteurs et curés vaudraient encore mieux que les maîtres primaires, grâce à leurs connaissances linguistiques plus étendues. Ils savent le latin, le grec, l’hébreu, mais ils ne savent généralement pas le patois. C’est que depuis très longtemps, le patois est tombé, dans la Suisse romande, au rang d’une langue rurale. Les villes l’ont abandonné très tôt ; de là ne pouvait nous venir aucun secours. Les pasteurs sortent ordinairement de milieux citadins. Les curés entrent jeunes dans les séminaires, d’où le patois est exclu, et ils sont sous la règle installés dans les endroits dont ils ne sont pas ressortissants. C’est ce qui explique pourquoi nous avons eu parmi nos correspondants stables très peu de curés et pasteurs, je dirais même trop peu. »
Louis Gauchat