« Par le temps magnifique qu’il faisait, ce que je craignais est arrivé : c’est qu’on a une peine énorme à mettre la main sur les gens, qui sont toujours partis de grand matin pour les vignes, les champs, la montagne, ou bien sont à la ville et rentrent on ne sait quand. Malgré les kilomètres à grimper au grand soleil, on pousse jusqu’à un autre village dans l’espoir d’avoir plus de chance et on arrive ainsi éreinté au bout de la journée, bien heureux si on réussit finalement à faire une liste ou au moins à prendre rendez-vous pour un autre jour, où la course est à recommencer.
Vous comprendrez que dans ces conditions je n’aie guère avancé. Malgré les résultats peu encourageants, j’aurais continué ma campagne si le rhume des foins dont je suis affligé chaque année à cette saison ne s’était mis de la partie, et, aggravé tous les jours par les courses au soleil à travers champs, n’avait fini par me mettre à peu près hors d’état de travailler. Dans une dizaine de jours, j’espère que la période aiguë sera passée et je compte retourner une semaine en Valais et une semaine à Genève. »
Jules Jeanjaquet